Projet

Projet 2018-2021 pour l’université de Bordeaux : Faire ensemble l’université de demain

Aider à s’ouvrir sur un monde d’opportunités

Pour assurer au mieux ses missions de service public, l’université de demain sera une université internationale, engagée dans son territoire et résolument ouverte à et sur la société. Si nous devons être à l’écoute et prendre en compte à la fois les orientations stratégiques de l’Etat et les attentes de nos partenaires, il nous appartient de dessiner notre propre futur et d’accompagner l’ensemble de la communauté académique pour qu’elle se saisisse des opportunités qu’offre le monde.

Grandes lignes d’action

Une université à vocation internationale

Si la vocation de l’université est naturellement internationale, l’université française se trouve aujourd’hui devancée et l’université de Bordeaux, malgré son attractivité et la visibilité dont elle bénéficie, doit significativement progresser. Cet objectif repose sur le processus interne d’internationalisation qui doit irriguer l’ensemble de l’établissement et faciliter toute forme de transmission ou d’échange avec nos homologues étrangers et leurs institutions. Nos projets de formation, de recherche et d’innovation doivent davantage s’inscrire dans des réseaux internationaux. A cet égard, la dimension européenne de l’université doit être réaffirmée, non seulement en amplifiant la mobilité et les projets mais aussi en développant une véritable stratégie au sein du territoire européen qui aujourd’hui fait défaut.

Une vision renouvelée de l’université publique

Il existe différentes visions de l’université dans le monde. Elles varient en fonction des pays, des modèles économiques et politiques, de la forme et du degré d’appropriation par l’Etat de l’enseignement supérieur et de la recherche. En France, l’université joue un rôle majeur dans le système public d’éducation et doit relever un triple défi : celui de son autonomie, qui reste limitée par rapport à ses homologues en Europe et dans le monde ; celui de sa nécessaire transformation au regard des attentes de la société, sur le plan de la formation, de l’innovation, ou plus généralement du progrès ; celui enfin de son financement qui doit pouvoir concilier la part de dotation indispensable au maintien d’une université publique et la diversification des ressources nécessaires à la soutenabilité du modèle économique.

Notre vision de l’université de Bordeaux est celle d’une université publique dont la transformation est suffisamment avancée pour relever ces défis et dont l’organisation et l’ambition permettent une progression sur la scène internationale.

Notre vision de l’université de Bordeaux est aussi celle d’une université moteur de progrès pour la société qui doit penser et assumer son juste rôle et sa responsabilité. Du fait de sa proximité et son rôle vis-à-vis de la jeunesse, des liens qu’elle entretient avec le monde socio-économique et en sa qualité de deuxième employeur de la métropole bordelaise, elle doit consolider sa place d’acteur majeur de son territoire et à ce titre se doit d’assumer, avec lucidité, exigence et vigilance, sa responsabilité sociétale.

Une responsabilité vis-à-vis du territoire

L’université de Bordeaux est ancrée dans un territoire dont le périmètre a changé, celui de la Nouvelle-Aquitaine. Implantée dans la seule grande métropole de cette nouvelle région, l’université doit jouer un rôle moteur au plan académique et contribuer à la dynamique économique du territoire. Son action devra se déployer à deux échelles, celle du site bordelais et celle de la grande région.

Sur le site bordelais, le développement d’une université de recherche internationale est un atout stratégique, économique et sociétal, auquel doivent pouvoir contribuer les autres acteurs de l’enseignement supérieur, en particulier ceux qui sont institutionnellement liés à l’université car ils partagent avec elle la même ambition. Le lien institutionnel repose aujourd’hui sur le statut d’établissement associé dont il faut régulièrement évaluer ce que cela implique en termes d’engagements réciproques.

Au sein de la nouvelle région, l’université de Bordeaux est implantée dans cinq départements, et nous restons très attachés à maintenir une politique de sites délocalisés, en partenariat avec les collectivités locales, dont le rôle dans l’accès des jeunes à l’enseignement supérieur est déterminant. Cette dimension territoriale s’est aujourd’hui étendue et suppose d’organiser un maillage en collaboration avec les autres universités de la Nouvelle-Aquitaine (La Rochelle, Limoges, Pau, Poitiers) dans une optique de complémentarité régionale de l’offre de formation et de recherche.

Une stratégie partagée avec nos partenaires

Les réussites que nous avons connues ces dernières années en sont la preuve : l’université de Bordeaux gagne à associer le plus tôt possible ses partenaires auxquels elle se doit de faire connaître sa stratégie et ses objectifs. C’est bien sûr le cas dans le domaine de la recherche et de la formation avec les organismes de recherche, avec les établissements d’enseignement supérieur présents sur le territoire ou encore avec ses partenaires aux niveaux national et international. Dans le domaine de la santé, il s’agit principalement du centre hospitalier universitaire (CHU) avec qui nous partageons l’ambition de former aux futurs métiers de la santé et de mener une recherche clinique de haut niveau en lien avec ses laboratoires. Ainsi le CHU de Bordeaux a-t-il été étroitement associé aux projets financés dans le cadre du PIA et impliqué dans les dispositifs comme la SATT ou la fondation.

Ce partage de la stratégie concerne également les collectivités territoriales au premier rang desquelles la région Nouvelle-Aquitaine avec qui une relation ancienne de co-construction peut prendre aujourd’hui une dimension nouvelle afin de mieux contribuer aux intérêts socio-économiques et au rayonnement international du territoire. Les nouvelles compétences de Bordeaux Métropole doivent également nous permettre de relever des défis communs comme cela est déjà le cas à travers les opérations d’intérêt métropolitain.

Enfin, nous poursuivrons une collaboration étroite avec le secteur socio-économique, selon une politique visant à fidéliser un nombre croissant d’entreprises autour de nos ressources et de nos besoins respectifs intégrant recherche, innovation, formation et expertise. Une politique qu’il conviendra de partager avec l’ensemble des composantes de formation et de recherche afin que s’élargissent pour toutes les opportunités de partenariats.

Assurer et soutenir le développement de l’université de Bordeaux

L’Université doit se préparer à régulièrement se transformer de façon à accomplir ses missions de la manière la plus adaptée aux évolutions de la société et des besoins de ses usagers. Lieu de production et de diffusion des savoirs, elle se doit d’anticiper. Cette démarche de développement a été initiée, d’une part à travers la transformation de l’organisation au profit d’un ensemble pluridisciplinaire, intégré et ouvert, et d’autre part à travers des projets structurants dans le cadre de l’IdEx.

Une véritable culture de développement doit à présent s’installer de manière continue et permettre à l’institution et à ses acteurs de s’approprier et opérer ces indispensables transformations. Elle doit être conduite dans un esprit inclusif en s’appuyant sur les principes de la charte RSU (« charte pour une université de Bordeaux socialement responsable ») qui doivent guider la démarche de l’université de Bordeaux. Il s’agit de mettre en œuvre une approche maîtrisée des actions de développement sur tous les volets de notre projet, incluant l’anticipation, l’implication des parties prenantes, l’analyse des impacts, la conduite responsable, et une communication renforcée pour favoriser une large adhésion. Il s’agit également de se saisir des nouveaux cadres règlementaires de modernisation de l’action publique, que ce soit à travers le levier numérique ou de dispositifs requérant des nouvelles compétences n’ayant pas vocation à s’intégrer dans une organisation universitaire. 

Engagements

Poursuivre l’internationalisation

L’internationalisation de l’Université de Bordeaux sera poursuivie à travers une approche globale qui doit bénéficier à l’ensemble de ses activités : formation, recherche, innovation et administration. Dans cet esprit, nous poursuivrons la construction ou la participation à des réseaux capables de soutenir la trajectoire de l’université avec une priorité donnée au territoire européen sur lequel une stratégie doit être définie ; le développement de notre présence à l’étranger en collaboration avec nos partenaires principaux (notamment les organismes de recherche) ; une démarche « d’internationalisation @home ».

Parmi les actions concrètes en matière d’internationalisation, nos priorités consisteront à renforcer :

  • les compétences linguistiques sur le campus à travers une politique au service des étudiants et du personnel,
  • le développement d’un apprentissage multiculturel pour tous les étudiants (entrants, sortants, locaux),
  • une stratégie de recrutement ouverte à l’international,
  • la promotion des activités de l’université de Bordeaux sur la scène internationale,
  • les programmes et les services en faveur du développement des activités internationales et de l’accueil des étudiants, des chercheurs et du personnel venant de l’étranger
  • la solidarité à l’égard des chercheurs en péril

Accompagner le développement de la relation partenariale

Une base de données des partenariats a été élaborée avec l’ensemble des composantes et services de l’université de Bordeaux à partir de l’analyse à ce jour de 29 000 actes contractuels. Elle contient des informations relatives à nos partenariats (recherche, stages, formation continue, transfert, etc.) avec plus de 12 000 partenaires en majorité du secteur privé, et couvre près de 100 pays. Des outils d’analyse ont été par ailleurs développés avec l’aide du centre d’innovation sociétale Via Inno, qui permettent d’élaborer les axes de développement des relations partenariales. Les Centres d’innovation sociétale sont d’ailleurs des scènes propices à l’élargissement des partenariats, et feront l’objet d’évolutions pour une meilleure articulation. Des actions coordonnées seront soutenues dans un ensemble de filières ou de secteurs d’activité, comme par exemple l’aéronautique, la santé, le tertiaire. Par ailleurs, l’offre de services d’études à façon actuellement proposée par le bureau d’analyse et prospective du pôle RIPI sera étendue pour accompagner les composantes dans leurs projets.

Une université toujours plus ouverte sur la société

L’ouverture est un principe qui doit être au cœur de la politique de l’établissement et qui doit être soutenu de différentes façons :

  • en défendant le libre accès aux connaissances, notamment celles produites au sein de l’établissement, depuis les données scientifiques jusqu’aux publications et en promouvant « l’open science »,
  • en favorisant la participation et l’engagement de partenaires et d’acteurs de la société dans nos propres activités et en soutenant des approches telles que les sciences participatives,
  • en stimulant les démarches de partage de nos connaissances et d’éclairage du débat public par notre savoir scientifique,
  • en imaginant et mettant en place des mécanismes pour encourager et soutenir le développement des initiatives de la communauté universitaire en faveur de la mise à disposition de nos expertises.

Enfin, l’université continuera de s’efforcer à ouvrir ses infrastructures, ses ressources et ses événements à la cité, à être visible, accessible et accueillante conformément aux recommandations de la charte RSU.